Des études et un comité interministériel en attendant des actions concrètes

Nous sommes une dizaine d’organisations de la société civile à s’être coalisées en 2012 afin de former Partenaires pour un Québec français, le plus important regroupement visant à faire du français notre langue commune. Depuis, nous proposons aux personnes élues de renforcer le statut de la langue française au Québec en adoptant des mesures sur la langue de travail, la langue d’enseignement, la francisation de l’immigration et la langue de l’administration publique.

À cette fin, au cours des vingt derniers mois, nous avons rencontré à sept reprises les ministres libéraux successifs responsables de la Charte de la langue française. Nous leur avons alors enjoint d’apporter des bonifications législatives et réglementaires à la Charte de la langue française. À défaut, nous avons insisté sur la nécessité que des directives claires soient établies par les directions des ministères et organismes publics afin qu’il soit évident pour toutes les citoyennes, tous les citoyens et toutes les entreprises, par-delà les exceptions prévues à la loi 101, qu’il n’y a qu’une seule langue officielle au Québec : le français.

À cet égard, des représentants du milieu culturel soulignaient récemment la place importante qu’accorde à la langue française le ministre de la Culture et des Communications et responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, Luc Fortin, dans son projet de politique québécoise de la culture, où il en fait « […] le socle sur lequel bâtir notre destinée commune ».

Le 5 septembre dernier, le ministre Luc Fortin nous recevait afin de nous dévoiler le plan d’action du gouvernement en matière de promotion de la langue française. Reliés à ce plan, des fonds sont prévus pour la promotion du français, notamment auprès des jeunes et des personnes immigrantes. Des études, des analyses et des consultations sont également prévues. Cependant, aucune modification législative ou réglementaire ne sera entreprise ni aucune directive claire ne sera attendue de quelque ministère ou organisme que ce soit. Nous devons aujourd’hui exprimer notre déception quant à nos attentes dans ce dossier d’importance. Le gouvernement pourrait agir maintenant. Malheureusement, il a choisi de seulement faire des études. Rien ne lui aurait interdit de faire les deux en même temps.

Bien que nous jugions le plan d’action du gouvernement nettement insuffisant, nous soulignons la volonté du gouvernement libéral d’agir contre la normalisation grimpante du bilinguisme institutionnel. En effet, M. Fortin confiera au Conseil supérieur de la langue française (CSLF) le mandat d’aller étudier l’ampleur du phénomène.

Organisme de concertation

Par ailleurs, nous constatons une augmentation des exigences de bilinguisme pour différents postes d’emploi au sein de l’administration publique ainsi que dans les entreprises privées du Québec. Lors de la rencontre, le ministre Fortin nous a annoncé la mise en place d’une étude réalisée par l’Institut de la statistique du Québec pour faire le portrait de la situation d’ici l’été 2018. Par exemple, les fusions forcées entre établissements de santé francophones et anglophones laissent présager une augmentation de l’exigence du bilinguisme pour les travailleuses et travailleurs du secteur. Nous militerons auprès du ministre pour inclure le secteur de la santé dans l’étude de l’ISQ. Enfin, nous attendons avec impatience et nous suivrons avec beaucoup d’attention les travaux qui doivent conduire à une révision des mandats des organismes linguistiques annoncée dans le cadre du renouvellement de la politique culturelle.

Afin que tous les ministères et organismes respectent et mettent en valeur leurs politiques linguistiques, le ministre Fortin compte aussi créer un organisme de concertation et de coordination. Cette annonce est un bon pas en avant puisque, en ce moment, les différents ministères et organismes semblent interpréter leurs obligations eu égard à la Charte de manière fort différente. Tant que l’État offrira à ses citoyennes et citoyens les services dans les deux langues, il confirmera à toutes et tous que le Québec n’a pas que le français comme langue officielle.

Pour notre part, nous croyons que la meilleure façon pour le gouvernement de montrer qu’il prend au sérieux l’exemplarité étatique en matière linguistique serait de mettre en oeuvre l’article 1 du projet de loi 104 (Loi modifiant la Charte de la langue française) adopté à l’unanimité par l’Assemblée nationale en 2002. Cet article indique clairement que l’État correspond « uniquement » en français avec les personnes morales établies au Québec. En attendant les actions gouvernementales, nous demanderons à ce que l’étude du CSLF se penche sur la langue de correspondance entre l’État et les personnes morales établies au Québec.

Enfin, nous attendons avec impatience et nous suivrons avec beaucoup d’attention les travaux qui doivent conduire à une révision des mandats des organismes linguistiques annoncée dans le cadre du renouvellement de la politique culturelle.

Malgré notre déception quant au plan d’action du ministre, nous espérons que ses engagements l’obligeront à agir d’ici l’été prochain. À la veille des élections, nous pourrons juger si le gouvernement a pris ses responsabilités pour donner au français un statut qui en fera réellement la langue commune de l’espace public partout au Québec.

*Signataires:

  • Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec
  • Christian Daigle, président du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec
  • Martine Desjardins, présidente du Mouvement national des Québécoises et Québécois
  • Pierre Graveline, directeur général de la Fondation Lionel-Groulx
  • Maxime Laporte, président général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal
  • Jacques Létourneau, président de la Confédération des syndicats nationaux
  • Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l’enseignement
  • Sophie Prégent, présidente de l’Union des artistes

Le droit de travailler en français au Québec menacé

Le 9 mars dernier, la Cour suprême a refusé d’entendre une cause qui portait sur l’exigence du bilinguisme pour certains postes de travail. Loin d’être anecdotique, cette décision suit la tendance prise par l’État et les tribunaux québécois de systématiquement minimiser la portée de la Charte de la langue française. Nous prenons la plume aujourd’hui pour sonner l’alarme puisque cette décision risque d’avoir un impact anglicisant important sur l’ensemble des milieux de travail québécois si les dispositions de la loi 101 ne sont pas renforcées.

Rappelons les faits. Lors d’un affichage de postes en 2009, la Ville de Gatineau a exigé la connaissance de l’anglais pour des postes de commis aux finances. Le Syndicat des cols blancs de Gatineau y voyait une violation à la Charte de la langue française et s’est présenté devant un arbitre afin que cette exigence soit retirée. En 2013, l’arbitre de griefs, René Turcotte, en venait à la conclusion qu’il était utile, mais non nécessaire de connaître l’anglais pour occuper les postes qui avaient été affichés en 2009. Selon lui, la Charte de la langue française, qui est censée confirmer la langue française comme langue commune et normale du travail, a pour effet « de limiter grandement le droit de gérance des employeurs » quant à l’exigence du bilinguisme à l’embauche. Il ajoute que la « nécessité ne doit pas être confondue avec l’utilité, l’opportunité, la qualité du service offert par un employeur ».

Or, selon la loi 101 (article 46), l’employeur ne peut pas exiger la connaissance ou un niveau de connaissance spécifique d’une langue autre que la langue française pour l’accès à un emploi ou à un poste à moins que l’accomplissement de la tâche ne le « nécessite ». C’est donc l’employeur qui a le fardeau de démontrer la nécessité de cette autre langue, et pas l’inverse.

Photo: Jacques Grenier Le DevoirCi-dessus, l’affiche d’un restaurant montréalais, au cœur du débat sur l’affichage français, en 1988

À la suite du jugement de l’arbitre de griefs, la Ville de Gatineau a porté la cause en Cour d’appel, où le juge Morissette a cassé la précédente décision en donnant à l’article 46 une interprétation qui restreint la notion de nécessité au profit d’un principe de droit individuel. « Selon les circonstances, une personne qui s’exprime dans une [autre langue que le français] devrait pouvoir compter sur une réponse intelligible dans cette langue », écrit le juge Yves-Marie Morissette. Le juge est allé jusqu’à qualifier d’excentrique la décision de l’arbitre Turcotte. Le Syndicat des cols blancs de Gatineau a demandé à la Cour suprême de pouvoir en appeler de la décision restrictive du juge Morissette, ce qu’elle a refusé le 9 mars dernier.

Loin d’être un jugement parmi d’autres, l’interprétation restrictive du juge Morissette servira de jurisprudence pour les causes à venir concernant les exigences de bilinguisme pour accéder à un poste. Il est à craindre que d’autres employeurs tentent leur chance en exigeant, par exemple, la connaissance de l’anglais sous le motif de besoins ponctuels. En fait, la Cour d’appel n’a pas su tracer la ligne en faveur du français comme langue commune du travail et la Cour suprême a avalisé cette décision en refusant d’entendre le Syndicat.

Se souvenir des objectifs initiaux…

La Charte de la langue française aura 40 ans le 26 août 2017. Certains succès de cette loi phare semblent avoir fait oublier l’intention du législateur au moment de son adoption. L’objectif était de faire du français la langue commune de l’espace public. Pour atteindre cet objectif, le préambule de la Charte affirme que l’Assemblée nationale est résolue à faire du français la langue de l’État et de la loi aussi bien que la langue normale et habituelle du travail, à laquelle un chapitre entier est consacré. L’État a un rôle à jouer en mettant tout son poids du côté du français, notamment au travail, pour contrecarrer le poids du nombre des locuteurs de langue anglaise en Amérique. Selon le spécialiste en droit linguistique, Éric Poirier, par l’entremise du pouvoir judiciaire, l’État a plutôt, au fil du temps, minimisé la portée de la Charte de la langue française dans 78 % de ses jugements. Il est inquiétant qu’au Québec, le fait de parler français devienne moins important que le fait d’être bilingue. Si les Québécoises et Québécois veulent préserver le français comme langue commune et de travail, il est impératif de modifier la Charte de la langue française en ce sens.

Dans le cas qui nous occupe ici, les recours judiciaires ont été épuisés et nous croyons que c’est maintenant au législateur québécois de réagir. Après tout, si le pouvoir judiciaire a interprété de façon restrictive la portée de la notion de « nécessité », l’Assemblée nationale peut très bien venir préciser son intention à l’égard de l’article 46 en y ajoutant des paramètres d’interprétation sur lesquels devront se baser les juges à l’avenir. Sans changer toute la loi, le gouvernement Couillard doit modifier la Charte de la langue française afin de répondre à la nouvelle interprétation restrictive des tribunaux et surtout pour baliser, en faveur du français au travail, les paramètres d’interprétation des juges.

* Ont aussi signé cette lettre :

Maxime Laporte, président de la SSJB; Jacques Létourneau, président de la CSN; Daniel Boyer, président de la FTQ; Louise Chabot, présidente de la CSQ; Christian Daigle, président du SFPQ; Sylvain Mallette, président de la FAE; Rose Crevier-Dagenais, présidente de la FECQ; Sophie Prégent, présidente de l’UDA; Martine Desjardins, présidente du MNQ; Pierre Graveline, directeur général de la Fondation Lionel-Groulx

Le ministre Luc Fortin aurait dû aller plus loin

Après plus d’un an de consultations, nous sommes déçus que le ministre de la Culture et des Communications, Luc Fortin, adopte une réglementation qui, selon nous, est non seulement floue, mais risque de contribuer à l’affaiblissement du français. Le règlement évite, volontairement, la francisation des entreprises affichant une marque de commerce dans une autre langue que le français et opte plutôt pour un timide appel à assortir les marques d’une « présence suffisante » de la langue officielle. Il suffit d’un simple slogan en caractères plus petits sur les façades extérieures pour contenter le seul État francophone d’Amérique.

Privilégier uniquement une « présence suffisante du français » ouvre toute grande la porte à un accroc, voire un recul, par rapport au principe de la nette prédominance du français en matière d’affichage commercial, formulé par la Cour suprême du Canada en 1988. Comment ce vague concept peut-il être appliqué et défendu uniformément et adéquatement par l’Office québécois de la langue française, surtout dans un contexte où il doit composer avec de multiples coupes budgétaires ? En vérité, avec la réglementation proposée en matière de langue d’affichage commerciale, le brouillard s’épaissit, les règles deviennent plus complexes et la population est moins à même de juger du respect de la Charte de la langue française au quotidien et, surtout, de constater une présence prédominante du français dans le paysage québécois. Cela soulève la question sur la véritable stratégie gouvernementale en matière de francisation des entreprises.

Du français partout, parce qu’on est en 2016 !

Pour améliorer la situation, le ministre aurait simplement pu adopter un règlement qui oblige l’ajout d’un générique français à la marque de commerce à l’intérieur des magasins, de même que sur les supports temporaires et les biens meubles. Ainsi, pourquoi un générique français n’est-il pas imposé à une marque de commerce anglaise sur tous les supports publicitaires et les communications commerciales ? Citons en exemple les sites Internet, les uniformes des employées et employés, les en-têtes dans les correspondances officielles, les façades des véhicules de transport, les dépliants promotionnels, les publicités Web et télé, etc. Une telle décision aurait pourtant été cohérente avec le droit fondamental des travailleuses et travailleurs du Québec d’évoluer dans un environnement en français partout sur le territoire.

L’occasion aurait également été bonne de réviser d’autres aspects moins connus de la réglementation. En particulier, le gouvernement aurait pu mettre fin à la règle de « l’équivalence minimale du français par rapport à l’anglais » pour tout ce qui concerne les musées, les jardins botaniques, la santé et la sécurité publiques, etc. Dans les faits, cette règle se traduit par un bilinguisme quasi systématique. Mais non, aucun de ces enjeux n’est abordé dans la modification réglementaire du ministre Fortin…

Changer la loi plutôt qu’un simple règlement

Rappelons que ces modifications apportées par le gouvernement du Québec interviennent à la suite de l’affaire Québec contre Magasins Best Buy ltée, débattue ces dernières années devant la Cour supérieure puis, finalement, devant la Cour d’appel en 2015. À ce moment, le gouvernement du Québec s’était tout simplement abstenu de porter la cause jusqu’en Cour suprême du Canada.

Aujourd’hui, l’État québécois se trouve à intégrer dans sa propre réglementation les paramètres de son plus récent échec judiciaire sur le front linguistique, alors qu’il jouissait pourtant de toute la latitude nécessaire pour infirmer législativement les prescriptions de la Cour d’appel et réaffirmer de manière concrète et puissante le statut du français dans l’espace public.

En définitive, dans un contexte évident de mondialisation et d’anglicisation, et sachant qu’il est du devoir de tout élu québécois de défendre bec et ongles la seule langue officielle et commune du Québec, le français, pourquoi choisir d’en faire si peu ?

*Ont signé ce texte :

Maxime Laporte, président général de la SSJB ; Jacques Létourneau, président de la CSN ; Daniel Boyer, président de la FTQ ; Louise Chabot, présidente de la CSQ ; Christian Daigle, président du SFPQ ; Régine Laurent, présidente de la FIQ ; Sylvain Mallette, président de la FAE ; Rose Crevier-Dagenais, présidente de la FECQ ; Sophie Prégent, présidente de l’UDA ; Martine Desjardins, présidente du MNQ ; Pierre Graveline, directeur général de la Fondation Lionel-Groulx ; Éric Bouchard, directeur général du MQF.

Partenaires pour un Québec français dénonce la position de repli du gouvernement Couillard en matière d’affichage commercial

Montréal, le 3 mai 2016 ─ Partenaires pour un Québec français (PQF) dénonce l’intention du gouvernement de ne pas obliger les entreprises à ajouter un générique français à une marque de commerce anglaise sur l’affichage extérieur d’un commerce. Le gouvernement modifiera plutôt le règlement sur l’affichage commercial afin de s’assurer d’une nette prédominance du français en général sur les façades plutôt que de s’attaquer à l’ajout d’un générique aux marques de commerce.

La position des Partenaires pour un Québec français

Partenaires pour un Québec français exhorte le gouvernement à adopter les règlements nécessaires afin d’obliger les commerçants à ajouter un générique français à une marque de commerce de langue anglaise. « Ainsi, l’intention du gouvernement serait claire, nette et précise voulant que le français soit la langue officielle et commune du Québec. En 1977, l’esprit de la Charte de la langue française voulait que l’affichage commercial reflète notre culture francophone. L’aménagement linguistique gouvernemental rendait alors les choses claires aux yeux de tous. Malheureusement, à la suite aux contestations judiciaires répétées, force est de constater que l’anglais s’impose dans l’affichage depuis plusieurs années. À notre avis, le gouvernement doit donner l’exemple dans le but de créer un volontarisme contagieux de la part des entreprises » déclare Éric Bouchard, coordonnateur de l’organisme PQF.

Une modification de façade

Il aurait été possible pour le gouvernement de proposer des modifications à la loi ou à ses règlements pour obliger la présence de génériques aux noms de commerces. Plutôt que de faire la promotion de cas comme ceux de Pharmaprix (Shoppers Drug Mart) et Bureau en gros (Staples), le gouvernement se limite à des mesures souples et naïves qui laissent toute la place à l’interprétation de l’application de la Charte de la langue française. Chaque entreprise pourra donc improviser et ne franciser que des expressions publicitaires, sans que le nom de commerce soit modifié. Alors qu’il y a quelques mois la ministre David annonçait vouloir agir pour la francisation de l’affichage commercial, nous constatons encore et toujours la mise en place d’accommodations destinées aux entreprises obstinées qui refusent la culture francophone du Québec. Par cette annonce, le gouvernement Couillard se limite donc à une francisation de façade qui légitimise l’anglicisation du Québec.

Aussi, comme il faut s’attendre à ce que les multinationales contestent la moindre avancée réglementaire en la matière, Partenaires pour un Québec français croit qu’il est mal avisé de ne pas édicter d’emblée un règlement plus rigoureux. « Plus de courage s’impose si l’on veut véritablement faire du français la langue officielle et la langue commune du Québec » conclut le coordonnateur de Partenaires pour un Québec français.

Profil de Partenaires pour un Québec français

Conscientes depuis quelques années de la fragilisation linguistique dans certains secteurs d’activité au Québec, plusieurs organisations se sont concertées afin d’identifier les actions prioritaires à entreprendre pour inverser la tendance. La coalition représente plus d’un million de travailleuses et travailleurs du Québec à travers les membres des partenaires que sont la FTQ, la CSN, la CSQ, le SFPQ, la FAE, et l’UDA. Sont aussi partenaires le Mouvement Québec français, le Mouvement national des Québécoises et Québécois et la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et la Fondation Lionel-Groulx.

L’immigration et la langue française: assez, les voeux pieux!

Montréal, 11 février 2016 ─ Les audiences sur le projet de loi 77 portant sur l’immigration au Québec se terminent cette semaine. Pour Partenaires pour un Québec français (PQF), l’élaboration d’une nouvelle loi était l’occasion attendue pour effectuer les révisions nécessaires en vue de favoriser une immigration en phase avec le développement social, économique et culturel du Québec.

Malheureusement, le projet de loi sur l’immigration comporte plusieurs zones d’ombre et contient un nombre important d’articles de loi dont les modalités d’application seront déterminées par règlements (34 en tout !). C’est donc dire qu’ils seront soustraits aux débats démocratiques de l’Assemblée nationale. De plus, le projet 77 a été déposé sans que les divers intervenants aient pu avoir préalablement accès à la nouvelle politique d’immigration qui aurait normalement dû baliser les éléments législatifs.

Outre ces angles morts, la mission de la nouvelle loi inquiète. Avec l’actuel gouvernement, un glissement s’opère vers une conception de l’immigration conçue comme un strict outil de recrutement de main-d’oeuvre. Comme en a témoigné à cet égard l’association Manufacturiers et exportateurs du Québec lors des audiences du projet de loi, nombre d’employeurs conçoivent l’immigration comme une source intarissable de travailleurs « clés en main », dont la francisation se produirait par processus spontané. Si nous sommes en accord avec le fait que l’immigration contribue au développement économique du Québec, nous croyons qu’il importe aussi d’assurer l’intégration des nouveaux arrivants à tous les aspects de la société québécoise.

L’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) dévoilait récemment que le Québec rate déjà tristement sa cible en matière de francisation. Alors que l’immigration se concentre à 86 % sur l’île de Montréal, 40 % des petites entreprises de la métropole exigent l’anglais pour tous leurs postes affichés et 31 % pour plusieurs de leurs postes. Encore à Montréal, la proportion d’individus travaillant dans le secteur privé généralement ou uniquement en français est passée de 62,5 % à 43,7 % entre 1997 et 2010. En 2010, seulement 12 % des travailleuses et des travailleurs utilisaient seulement le français au travail.

Nous nous serions attendu à ce que la nouvelle Loi sur l’immigration permette au gouvernement du Québec de faire en sorte que l’immigration favorise la pérennisation de la langue française.

Dans les faits, nous constatons que peu d’efforts sont mis en avant. Au contraire, le projet de loi reste timide quant à la maîtrise du français pour les catégories de travailleurs temporaires étrangers ainsi que pour les travailleurs économiques. De plus, il atrophie les responsabilités du ministre quant au maintien des programmes d’intégration et à la dispensation de services d’intégration linguistique.

Nous croyons que pour assurer la vitalité du français ainsi que l’intégration harmonieuse de nouveaux citoyens, le gouvernement du Québec doit faire plus. Il doit consacrer les efforts nécessaires pour vérifier que le critère du français comme langue d’usage est respecté lors du recrutement et de la sélection des immigrants.

De plus, les compensations financières offertes aux étudiantes et étudiants pour participer aux cours de francisation à temps plein devraient être bonifiées pour être plus attrayantes. Elles devraient aussi être offertes aux étudiantes et étudiants qui assistent aux cours de francisation donnés par les commissions scolaires. Pour les immigrants déjà en milieu de travail, les cours de francisation en entreprise offrent une avenue intéressante et adaptée aux nouveaux arrivants. Malheureusement, les coupes opérées par ce gouvernement libéral champion de l’austérité se conjuguent difficilement avec le besoin criant de développer une offre de cours accessible et adaptée.

Comme beaucoup de Québécoises et de Québécois, nous croyons que l’intégration des nouveaux immigrants à la société québécoise passe par la connaissance du français comme langue commune. Madame la Ministre, l’heure n’est plus aux voeux pieux, mais aux actions et aux mesures structurantes pour vitaliser le français. De nos rêves naît le possible !

* Ont signé ce texte : Daniel Boyer, président de la FTQ, Jacques Létourneau, président de la CSN, Louise Chabot, présidente de la CSQ, Lucie Martineau, présidente du SFPQ, Sylvain Mallette, président de la FAE, Antoine Côté, président de la FECQ, Maxime Laporte, président général de la SSJB, Martine Desjardins, présidente du MNQ, Christian Rivard, président du MQF, Pierre Graveline, directeur général de la Fondation Lionel-Groulx.

La classe politique doit reprendre le combat linguistique avec fierté!

Montréal, le 5 mai 2015 ─ Nous prenons position collectivement aujourd’hui, car l’actualité des dernières semaines démontre encore une fois que le français est de plus en plus mis à mal au Québec. La solution à cette problématique est d’abord et avant tout d’ordre politique. La classe politique doit reprendre le combat linguistique avec fierté, ferveur et enthousiasme.

Coupes à l’OQLF

Pour l’instant, le parti au pouvoir ne semble pas vouloir qu’une action politique soit entreprise, bien au contraire. Notre premier ministre tolère que certains députés prêtent serment en anglais et il s’est permis lui-même de livrer un discours unilingue anglais en Islande. Après avoir sabré 1,6 million de dollars dans la défense de la langue depuis son arrivée au pouvoir, dont les coupes faites à l’Office québécois de la langue française (OQLF), le gouvernement limite la capacité de l’organisme et de ses employés à franciser les entreprises québécoises.

Enfin, Philippe Couillard hésite à modifier la Charte de la langue française dans le cas de l’ajout d’un générique français à une marque de commerce, alors que la Cour supérieure le lui propose. Par ailleurs, le cas du chantier du CHUM est une autre belle occasion d’ouvrir la Charte afin de lui donner plus de mordant.

Recul

De façon plus générale, de multiples études montrent des reculs inquiétants du français dans plusieurs aspects de la vie collective au Québec. Les faits chiffrés, notamment sur la langue de travail et la langue utilisée en public par les immigrants non «francotropes», démontrent un mouvement certain vers une anglicisation.

À l’instar de la Politique québécoise de la langue française de Camille Laurin, nous avons besoin que les formations politiques orientent les politiques publiques, les lois et tous les règlements en fonction d’un objectif global et clair, soit de faire du français la langue commune de tous les Québécois et les Québécoises. Pour ce faire, les partis politiques doivent comprendre qu’il faut redonner à l’OQLF les pouvoirs ainsi que les ressources financières et humaines dont il disposait dans les premières années de sa création. L’OQLF doit redevenir l’instrument privilégié pour assurer la vivacité de notre langue ainsi que de notre culture. Le Québec doit servir de modèle aux 230 millions de locutrices et locuteurs du français dans le monde.

Nos organisations réunies au sein de la coalition Partenaires pour un Québec français agissent tous les jours sur l’usage du français au travail, sur l’exemplarité de l’État, sur la francisation des entreprises et des individus, et, enfin, sur l’importance de développer la demande de produits culturels francophones. Nos actions reflètent notre parole!

La langue au coeur du combat social

Nous désirons aller plus loin et placer la langue au cœur du combat social et politique. À cet effet, nous interpellons nos membres ainsi que toutes les Québécoises et tous les Québécois à se mettre en action, particulièrement sur les lieux de travail, pour redonner au français tout son prestige. Nous savons aussi que la multiplication des gestes individuels est essentielle, mais qu’elle demeure insuffisante s’il n’y a pas de relais politiques.

Depuis 1977, aucune formation politique n’a proposé une approche structurante et globale qui lierait une nouvelle politique linguistique à celles de l’éducation, de la culture et de l’immigration. Peu d’élus s’expriment publiquement sur l’importance de redonner à l’OQLF les ressources financières et humaines qui lui ont permis d’agir au sein d’entreprises que l’on imaginait impossibles à franciser il y a 40 ans.

Le Québec mérite une formation politique qui saura mettre en œuvre une vision claire qui non seulement arrêtera l’anglicisation en cours, mais qui fera en sorte que lorsque deux individus se rencontrent pour la première fois dans un espace public à Montréal, la première langue qu’ils utiliseront sera le français. Ce jour-là, nous pourrons dire que le français sera vraiment la langue commune sur le territoire québécois.

Ont signé ce texte : Daniel Boyer, président de la FTQ; Jacques Létourneau, président de la CSN; Louise Chabot, présidente de la CSQ; Lucie Martineau, présidente du SFPQ; Sylvain Mallette, président de la FAE; Alexis Tremblay, président de la FECQ; Maxime Laporte, président de la SSJBM; Gilles Laporte, président du MNQ; Christian Rivard, président du Mouvement Québec français.

Le français devra être au cœur de la politique d’immigration du gouvernement du Québec

Montréal, le 10 février 2015 ─ La première phase de consultation du gouvernement du Québec pour l’élaboration d’une nouvelle politique de l’immigration vient de prendre fin aujourd’hui. Plusieurs membres dePartenaires pour un Québec français sont venus exprimer devant la Commission des relations avec le citoyen l’importance de mettre le français au cœur de la nouvelle politique d’immigration qui s’annonce.

La langue est le premier outil d’intégration tant sociale que professionnelle. Comme société d’accueil, nous avons l’obligation de tout mettre en œuvre pour lever les divers obstacles à l’intégration linguistique, sociale, économique et culturelle auxquels sont confrontés les nouveaux arrivants. Partenaire pour un Québec français estime que le gouvernement du Québec devra consacrer les efforts nécessaires pour que le critère du français comme langue d’usage dans son recrutement et sa sélection des immigrants, soit sérieusement pris en compte sans pour autant en négliger d’autres comme ceux qui sont liés à des raisons humanitaires ou qui répondent à certains besoins du marché de l’emploi.

Nous sommes conscients que les nouveaux arrivants ne peuvent pas toutes et tous avoir une grande connaissance du français. Cependant, pour Partenaire pour un Québec français, « Les services de francisation, dans la diversité et la complémentarité de leurs offres de services, doivent être financés adéquatement et être facilement accessibles à ceux qui en ont besoin. Malheureusement, les immigrants doivent de plus en plus s’intégrer à un milieu du travail qui exige la connaissance de la langue anglaise. En ce sens, nous sommes d’avis que les milieux de travail sont des lieux privilégiés pour offrir des formations en francisation. Nous exigeons depuis plusieurs années déjà que de telles solutions soient appliquées. Il est temps que ça change!  »

Partenaires pour un Québec français (PQF) réunit plusieurs grandes organisations de la société civile afin que les enjeux linguistiques redeviennent prioritaires pour les gouvernements. La coalition représente plus d’un million de travailleurs québécois à travers les membres des partenaires que sont la FTQ, la CSN, la CSQ, le SFPQ, l’UDA et la FAE. Également partenaires, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM), le Mouvement national des Québécoises et des Québécois (MNQ) ainsi que la Fédération étudiante collégiale du Québec regroupent plus de 185 000 membres.

Lecture bilingue du budget : pourquoi ?

Montréal, le 5 juin 2014 ─ À l’unisson, les membres de la coalition Partenaires pour un Québec français déplorent que le nouveau ministre des Finances, monsieur Carlos J. Leitão, ait procédé au dépôt et à la lecture du budget en français et en anglais.

Les membres de PQF condamnent vigoureusement ce qu’il est désormais convenu d’appeler une mauvaise habitude de la part de ce gouvernement de mépriser la langue officielle et commune du Québec. Rappelons-nous que ce n’est pas la première fois que le gouvernement Couillard agit de la sorte puisque la cérémonie d’assermentation du conseil des ministres du 23 avril dernier s’est également déroulée dans les deux langues.

« Quel signal les élus de ce gouvernement envoient-ils à la population québécoise si les évènements les plus importants et significatifs de la vie parlementaire ne se déroulent pas intégralement en français? Quel message le premier ministre et ses ministres envoient-ils aux nouveaux arrivants à qui nous répétons jour après jour qu’ils doivent maîtriser le français pour se donner toutes les chances de s’intégrer à la société québécoise si ceux qui occupent les plus hautes fonctions du gouvernement ne donnent pas l’exemple? » s’est inquiétée Lucie Martineau, présidente du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ).

« Ce n’est un secret pour personne, la connaissance de l’anglais est une obsession de ce gouvernement. En campagne électorale, monsieur Couillard a déclaré que tous les travailleurs du Québec devraient connaître l’anglais, peu importe leur secteur d’activités ou leur fonction. Pas une journée ne passe sans que le nouveau ministre de l’Éducation ne nous rappelle son enthousiasme et son empressement devant l’implantation du programme de la 6eannée bilingue! » a déclaré  Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE).

Les membres de PQF exhortent tous les parlementaires québécois à prendre conscience de l’importance pour une petite nation comme la nôtre de tout faire en leur pouvoir pour assurer la pérennité de notre langue. « Nous constatons que l’attrait de l’anglais est sans fin, mais il ne faudrait pas oublier que nous avons tous le devoir de nous assurer que notre langue soit préservée. Tenir les évènements officiels du gouvernement seulement en français est une attente minimale que nous ne devrions pas avoir besoin d’exprimer sur la place publique et nous espérons que la situation sera corrigée dès maintenant » a conclu Gilles Laporte, président du Mouvement national des Québécoises et Québécois (MNQ).

Le nouveau président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Maxime Laporte, rappelle que « de mémoire d’homme, on ne se souvient pas qu’un ministre des Finances ait utilisé l’anglais dans son discours du budget. La dernière fois, c’est sûrement quand le Québec avait des ministres des finances anglophones, et ça, c’est avant la Révolution tranquille. Ce discours du budget en français et en anglais est le symbole du recul et d’un ramollissement inquiétant sur la question de la langue de la part de nos élites ».

La coalition Partenaires pour un Québec français a été fondée en 2010 dans la foulée du mouvement de contestation contre le projet de loi sur les écoles passerelles. Elle regroupes la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), le Mouvement national des Québécoises et Québécois (MNQ), le Mouvement Québec français (MQF), la Société-St-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM) et le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ).

Le nécessaire renforcement de la charte de la langue francaise

Montréal, le 23 mars 2014 ─ Plus de 35 ans après l’adoption de la loi 101 et à la suite des affaiblissements majeurs qu’elle a subis, de multiples études et avis de l’Office québécois de la langue française et du Conseil supérieur de la langue française montrent des reculs inquiétants du français dans plusieurs aspects de la vie collective au Québec. Les faits chiffrés, notamment sur la langue de travail, démontrent un mouvement certain vers une anglicisation de la région montréalaise.

Devant ce constat, de grandes organisations de la société civile sont maintenant unies et forment la coalition Partenaires pour un Québec français (PQF) afin que les enjeux linguistiques redeviennent prioritaires pour les gouvernements. La coalition représente plus d’un million de travailleurs québécois à travers les membres des partenaires que sont la FTQ, la CSN, la CSQ, le SFPQ et la FAE. Sont aussi partenaires la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM), le Mouvement national des Québécoises et des Québécois (MNQ) ainsi que la Fédération étudiante collégiale du Québec qui regroupent ensemble plus de 185 000 membres.

Dans le cadre de la campagne électorale provinciale, PQF demande à tous les partis politiques de s’engager à bonifier la Charte de la langue française en allant plus loin que ce que le projet de loi 14 du gouvernement sortant proposait. Presque tous les partenaires se sont présentés en commission parlementaire l’hiver dernier pour demander aux parlementaires des bonifications majeures au projet de loi 14, notamment sur la langue de travail, de l’administration publique, du commerce et des affaires et de l’enseignement.

À l’instar de la Politique québécoise de la langue française de Camille Laurin publiée six mois avant l’adoption de la Charte de la langue française en août 1977, nous avons besoin du prochain gouvernement qu’il oriente toutes ses politiques, ses lois et règlements en fonction d’un objectif global et clair, soit de faire du français la langue commune de tous les Québécois. La loi 101 n’a pas été conçue contre le bilinguisme individuel, mais contre le bilinguisme institutionnel à l’intérieur du territoire Québécois. La Charte du Dr Laurin était un projet de cohésion sociale qui a permis aux Québécois d’enrichir la diversité culturelle et linguistique mondiale. Elle a également permis au Québec d’être une terre d’accueil où les richesses culturelles de l’immigration offrent à la société une vitalité indispensable à son développement tout en poursuivant sa mission d’intégration. Partenaires pour un Québec français demande au prochain gouvernement de présenter un projet de loi qui renforcera la Charte de la langue française. Depuis l’adoption de la Charte, il y a 35 ans, le monde a changé et les défis à relever pour faire du français la langue commune ne sont que plus grands.

Partenaires pour un Québec français

  • Daniel Boyer, président de la FTQ;
  • Jacques Létourneau, président de la CSN;
  • Louise Chabot, présidente de la CSQ;
  • Lucie Martineau, présidente du SFPQ;
  • Sylvain Mallette, président de la FAE;
  • Éliane Laberge, présidente de la FECQ;
  • Mario Beaulieu, président de la SSJBM;
  • Gilles Laporte, président du MNQ.

À lire : La politique québécoise de la langue française (Mars 1977)

L’opposition force le retrait du projet de loi 14

Le retrait du projet de loi 14.
L’opposition n’est pas là pour renverser à tout coup le gouvernement. Elle doit défendre les intérêts fondamentaux des Québécois et des Québécoises.

Montréal, 14 novembre 2013 ─ Les Partenaires pour un Québec français déplorent que caquistes et libéraux se soient ligués pour faire avorter le projet de loi 14 visant à bonifier la Charte de la langue française.

Le Québec retombe dans un horizon où les droits linguistiques du Québec doivent être bafoués au nom d’intérêts partisans, faisant fi d’une réforme qui s’imposait, après plus de 35 ans d’application de la Charte. Les lois et règlements doivent évoluer, au rythme de la société elle-même, et le blocus imposé par l’opposition nous rappelle l’obscurantisme d’un passé révolu.

Pour le secrétaire général de la FTQ, Daniel Boyer, «l’opposition tire sur tout ce qui bouge, même à l’encontre des intérêts collectifs de la population. Il y a pourtant tout un honneur pour le Québec d’affirmer sa singularité, dans un océan linguistique où le français risque plus que jamais de sombrer.»

«La défense du droit de travailler en français passe nécessairement par une multiplication des efforts et des initiatives pour renforcer la francisation des milieux de travail. L’abandon du projet de loi 14, c’est certainement l’abandon du soutien à l’intégration des travailleuses et des travailleurs immigrants qui ne parlent pas français. La part de la main-d’œuvre des entreprises privées sur l’île de Montréal et travaillant généralement en français est passée de 45,3 % en 1989, à 41 % en 1997, puis à 32,1 % 2010», de rappeler Jacques Létourneau, président de la CSN.

«La langue française au Québec est l’un des éléments fondateurs de l’identité québécoise. La CSQ s’engage dans ses activités à faire la promotion de notre langue, de l’enseigner avec cœur et de la défendre sur tous les fronts. Une série de mesures devrait être mise de l’avant pour renforcer notre langue, qui faut-il le rappeler a pris du recul au cours des dernières années. Ces mesures tant attendues permettraient de réaffirmer l’importance de la langue française tant comme langue d’enseignement, langue du travail et langue d’affichage. C’est un jour sombre pour le Québec et c’est l’opposition gouvernementale qui en est la cause. Les membres de l’opposition ne peuvent se permettre à ce moment-ci le luxe de rejeter du revers de la main les propositions et les réflexions pour la mise à jour de la Charte de la langue française» a déclaré Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

La FAE demande au gouvernement de soumettre son projet de loi au vote de l’Assemblée nationale et à tous les élus d’assumer leur responsabilité à l’égard de la protection de la langue française.

«Si le gouvernement souhaite faire de la langue française un outil d’intégration et de cohésion sociales, pourquoi abandonner son projet de loi et refuser de le soumettre au vote de l’Assemblée nationale?, Tous les partis politiques doivent comprendre qu’il faut un plan d’action visant à favoriser la promotion, la valorisation et l’apprentissage du français», mentionne le président de la FAE, Sylvain Malette.

Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) est d’avis qu’il faut modifier la Charte de la langue française afin que les services de la fonction publique et parapublique du Québec soient offerts exclusivement en français, sauf pour de rares exceptions comme ceux impliquant des échanges avec l’extérieur du Québec. «Malheureusement, le projet de loi no 14 a été torpillé par l’opposition majoritaire. Nous constatons une bilinguisation de l’État qui s’est matérialisé par l’adoption de diverses politiques d’applications de la Charte ayant conduit à une approche client où l’État livre les services publics comme tout autre bien ou marchandise, dans la langue utilisée par le client », indique Lucie Martineau, présidente générale du SFPQ.

Pour les Partenaires pour un Québec français, le temps viendra, tôt ou tard, où la population du Québec devra se retrousser les manches afin de susciter la résurgence du fait français.